Presse en crise : ce que les candidats à la présidentielle ont proposé devant l’Apig

Le 14 octobre à Paris, six candidats à la présidentielle de 2027 ou leurs représentants ont détaillé devant les éditeurs de l’Apig leurs pistes pour une presse en difficulté : ils s’accordent sur l’IA et les plateformes, mais se divisent nettement sur les aides publiques.

En bref
  • Rencontre organisée par l’Alliance de la presse d’information générale (Apig), qui fédère près de 300 quotidiens et hebdomadaires.
  • Consensus pour faire cesser le « pillage » des contenus par l’IA et taxer les plateformes à l’échelle européenne.
  • Désaccord sur les aides directes : maintien, réorientation ou suppression en cinq ans selon les camps.
  • L’Apig a publié un livre blanc, « Le droit d’être informé », avec neuf propositions.

Qui était présent au Pavillon Élysée ? #

La rencontre s’est tenue le mercredi 14 octobre au Pavillon Élysée, à Paris. Trois candidats sont venus en personne : Gabriel Attal, Bruno Retailleau et Édouard Philippe.

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Trois autres camps avaient envoyé un représentant, selon le compte rendu de Technomedia : Boris Vallaud pour Raphaël Glucksmann, Manuel Bompard pour Jean-Luc Mélenchon et Philippe Ballard pour Marine Le Pen.

Le contexte est connu des éditeurs. Le manifeste de l’Apig rappelle qu’« un tiers des Français ont déjà vu disparaître un média local près de chez eux », comme le relève le Journal du Net. Le même article note que les États généraux de l’information n’ont débouché sur aucun texte de loi.

Sur quoi les candidats sont-ils d’accord ? #

Le terrain commun porte sur le numérique. Tous les intervenants ont dit vouloir mettre fin au « pillage » des contenus de presse par les acteurs de l’intelligence artificielle, et défendu une rémunération des éditeurs pour l’usage de leurs articles.

La plupart soutiennent la proposition de loi de la sénatrice Laure Darcos. Le texte instaure une présomption d’utilisation des contenus de presse par les fournisseurs d’IA : ce serait à eux de prouver qu’ils ne s’en sont pas servis.

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Autre convergence : une taxation des plateformes au niveau européen. Les candidats se sont aussi dits ouverts à ce qu’une part des amendes infligées en France aux géants du numérique, pour atteinte au droit de la concurrence, revienne à la presse.

Où se situent les désaccords ? #

Les aides publiques à la presse ont fait apparaître les lignes de fracture. Gabriel Attal et Bruno Retailleau veulent maintenir les aides directes. Boris Vallaud propose de les réorienter.

Manuel Bompard veut les conditionner à des critères sociaux et déontologiques, et lutter contre la concentration des médias. Il a aussi évoqué un droit de veto ou d’agrément des journalistes en cas de changement de direction.

Philippe Ballard a défendu une suppression des aides directes en cinq ans, en gardant le taux réduit de TVA, au motif qu’« il n’y a plus d’argent ». Des dirigeants de la presse régionale lui ont répondu que le papier reste l’essentiel de leurs revenus.

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La distribution des journaux au cœur des échanges #

Le transport et la distribution des titres pèsent lourd dans les comptes des éditeurs, et plusieurs candidats s’y sont arrêtés.

Gabriel Attal souhaite renouveler le protocole entre l’État, La Poste et les éditeurs, qui arrive à échéance fin 2026. Bruno Retailleau défend un contrat pluriannuel qui plafonnerait les hausses de tarifs de distribution.

Édouard Philippe veut revoir le modèle économique de la distribution. Il propose d’appliquer aux plateformes le principe de la loi Bichet, qui garantit depuis 1947 la diffusion de tous les titres en kiosque, et s’est dit favorable à des « modes de financement particuliers » inspirés de l’exception culturelle.

Publicité et droits voisins : les autres pistes #

Boris Vallaud et Manuel Bompard veulent orienter une partie des investissements publicitaires vers la presse. Le Journal du Net fait état d’un large accord sur une part de publicité obligatoirement dirigée vers les publications.

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Bruno Retailleau a dit espérer l’adoption, d’ici la fin de 2026, du texte du député Erwan Balanant sur les droits voisins, ces droits qui permettent aux éditeurs d’être rémunérés quand les plateformes reprennent leurs contenus.

Ce que cela change pour les éditeurs #

Rien n’est encore décidé : il s’agit d’engagements de campagne, à six mois d’un scrutin prévu les 18 avril et 2 mai 2027. Mais la séquence fixe un cadre. Sur l’IA et les plateformes, la presse peut compter sur un front large ; sur les aides, l’avenir dépendra directement du résultat de l’élection.

À court terme, le dossier le plus concret reste la distribution : le protocole avec La Poste expire dans quelques semaines, quel que soit le futur locataire de l’Élysée.

Questions fréquentes #

Qu’est-ce que l’Apig ?

L’Alliance de la presse d’information générale regroupe près de 300 quotidiens et hebdomadaires. Elle a organisé la rencontre du 14 octobre.

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Que contient le livre blanc de l’Apig ?

Intitulé « Le droit d’être informé », il rassemble neuf propositions de politiques publiques, dont l’éducation aux médias érigée en grande cause nationale.

Que prévoit la proposition de loi Darcos ?

Elle crée une présomption d’utilisation des contenus de presse par les fournisseurs d’intelligence artificielle, ce qui facilite la rémunération des éditeurs.

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