Pierre Picavet, président de FLAG!, l’association des agents LGBT+ des ministères de l’Intérieur et de la Justice, a été grièvement blessé dans la nuit du 29 août à Paris, dans une agression au caractère homophobe assumé par son auteur. Un suspect, interpellé sur place, a été placé sous contrôle judiciaire. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour violences aggravées en raison de l’orientation sexuelle de la victime. Voici ce qui est établi à ce jour.
- ▸L’agression a eu lieu dans la nuit du 29 août, vers 4 h du matin, à la sortie d’un bar du Marais, dans le 4e arrondissement de Paris.
- ▸La victime souffre de blessures graves — plaie ouverte au crâne, hémorragie interne, fracture du plancher orbitaire — avec 40 jours d’ITT.
- ▸Un suspect né en 2006, interpellé sur place, a été placé sous contrôle judiciaire ; l’enquête vise des « violences ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours en raison de l’orientation sexuelle ».
- ▸L’intervention d’un passant a, selon la victime elle-même, probablement évité le pire.
Ce qui s’est passé dans la nuit du 29 août #
Les faits se sont déroulés vers 4 h du matin, à la sortie du bar Krash, en plein Marais. Selon le récit recueilli par Têtu, l’agresseur a d’abord proféré des insultes homophobes répétées, avant de lancer une bouteille à la tête de Pierre Picavet.
La victime, policier de profession, a tenté de faire cesser l’agression en présentant sa carte professionnelle — sans effet. Roué de coups, il a perdu connaissance. C’est l’intervention d’un passant qui a mis fin à l’agression.
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Le bilan médical est lourd : plaie ouverte au crâne, hémorragie interne et fracture du plancher orbitaire nécessitant une opération. Les médecins lui ont délivré une ITT de 40 jours.
« Quand j’irai mieux, quand j’aurai pansé mes plaies, je continuerai le combat. »
— Pierre Picavet, président de FLAG!, à France 3 Paris Île-de-France
Où en est l’enquête #
Un homme né en 2006 et domicilié à Saint-Denis a été interpellé sur place la nuit même, selon ici (France Bleu). Sans antécédents judiciaires connus, il était alcoolisé au moment des faits. Il a été placé en garde à vue, puis sous contrôle judiciaire.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « violences ayant entraîné une incapacité supérieure à huit jours, commises en raison de l’orientation sexuelle de la victime » — l’homophobie y est retenue comme circonstance aggravante.
L’avocat de la victime a demandé la désignation d’un juge d’instruction, estimant que la gravité des blessures justifie un examen sous une qualification criminelle plutôt que délictuelle. La justice n’a pas encore tranché ce point.
Des réactions jusqu’à l’Hôtel de Ville #
Le conseil d’administration de FLAG! a dit avoir appris « avec une profonde indignation » l’agression de son président et condamné « avec la plus grande fermeté cette violence innommable ».
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Le maire de Paris Emmanuel Grégoire a réagi publiquement : « Nous ne céderons jamais nos rues à la haine. Paris restera un refuge, un rempart et une ville de liberté pour toutes et tous. » La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a également condamné l’agression.
Ces faits s’inscrivent dans un contexte documenté : dans son dernier rapport, l’association SOS homophobie a recensé 1 771 cas de LGBTphobies en France en 2025, avec une progression des agressions physiques dans l’espace public, comme le rappelle franceinfo.
Questions fréquentes #
Qu’est-ce que l’association FLAG! ?
FLAG! est l’association professionnelle des agents LGBT+ des ministères de l’Intérieur et de la Justice (policiers, gendarmes, personnels pénitentiaires). Elle lutte contre les discriminations dans ces institutions et accompagne les victimes.
Que retient la justice à ce stade ?
Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour violences ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours, commises en raison de l’orientation sexuelle de la victime. Le suspect, interpellé sur place, est sous contrôle judiciaire ; l’avocat de la victime demande la saisine d’un juge d’instruction.
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L’homophobie change-t-elle la peine encourue ?
Oui. Quand les violences sont commises en raison de l’orientation sexuelle de la victime, la loi en fait une circonstance aggravante qui augmente les peines maximales encourues par rapport aux mêmes violences sans ce mobile.